{"id":298,"date":"2010-04-22T17:00:49","date_gmt":"2010-04-22T22:00:49","guid":{"rendered":"http:\/\/gruson.name\/blog\/?p=298"},"modified":"2010-04-29T13:56:22","modified_gmt":"2010-04-29T18:56:22","slug":"la-decision-medicale","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/gruson.name\/weblog\/2010\/04\/22\/la-decision-medicale\/","title":{"rendered":"La d\u00e9cision m\u00e9dicale : Le traitement"},"content":{"rendered":"<p>Les m\u00e9decins les plus snobs ont tendance \u00e0 parler de l&#8217;art de la m\u00e9decine, tandis que vu de l&#8217;ext\u00e9rieur, beaucoup semblent parler d&#8217;une technicit\u00e9 avanc\u00e9e \u00e9voquant plus le travail d&#8217;un technicien.<\/p>\n<p>Je ne sais pas trop ce qu&#8217;est l&#8217;art mais la d\u00e9cision m\u00e9dicale du traitement par exemple peut se r\u00e9sumer \u00e0 un seul mot : complexe.<\/p>\n<p>La complexit\u00e9 est une valeur d\u00e9cri\u00e9e, mais c&#8217;est la complexit\u00e9 qui permet d&#8217;acc\u00e9der \u00e0 une richesse, une profondeur, une subtilit\u00e9 et une adaptation par petites touches qui en fait le plaisir. L\u00e0 est l&#8217;art.<\/p>\n<p>Mais la complexit\u00e9 est aussi la facult\u00e9 d&#8217;associer, de penser \u00e0 plusieurs niveaux, de monter des raisonnements \u00e9labor\u00e9s et de structurer la prise en charge. L\u00e0 est de la technique.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision de traitement dans la m\u00e9decins est donc complexe car elle r\u00e9unit plusieurs grands facteurs qui sont des classiques :<\/p>\n<p>Le m\u00e9decin, le malade et la relation m\u00e9decin-malade.<\/p>\n<h2>Le m\u00e9decin<\/h2>\n<p>Le m\u00e9decin va d\u00e9j\u00e0 penser \u00e0 son traitement gr\u00e2ce \u00e0 :<\/p>\n<ul>\n<li> la connaissance qu&#8217;il a de la pathologie et de ce qu&#8217;il en a appris pendant ses \u00e9tudes:<\/li>\n<li> les nouvelles connaissances acquises :\n<ul>\n<li> soit donn\u00e9es par les laboratoires,<\/li>\n<li> soit acquises par la lecture de la documentation personnelle,<\/li>\n<li> soit par des discussions confraternelles (elles-m\u00eames soumises au m\u00eames al\u00e9as),<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li> le retour personnel sur des traitements qu&#8217;il a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9,<\/li>\n<li> l&#8217;incertitude sur la pathologie,<\/li>\n<li> la peur sur d&#8217;\u00e9ventuelles complications et le v\u00e9cu sur d&#8217;\u00e9ventuelles complications ant\u00e9rieures,<\/li>\n<li> son \u00e9tat psychique (fatigue etc.).<\/li>\n<\/ul>\n<h2>Le malade<\/h2>\n<p>Face \u00e0 lui le\/la patiente vient pour lui et ou ses enfants, et il a lui aussi des attentes, des peurs, des pr\u00e9jug\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li> Son id\u00e9e sur ses capacit\u00e9s \u00e0 appr\u00e9hender la maladie, qui d\u00e9pendent de :\n<ul>\n<li>son niveau socio-\u00e9conomique qui est d&#8217;autant plus un d\u00e9savantage qu&#8217;il est \u00e9lev\u00e9. C&#8217;est un raccourci un peu rapide, mais plus le niveau de responsabilit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9 plus le patient a une confiance en soi qui affaibli la port\u00e9e du discours m\u00e9dical,<\/li>\n<li> ce qu&#8217;en dit l&#8217;entourage, sur leur v\u00e9cu personnel,<\/li>\n<li> ce qu&#8217;en disent les m\u00e9dias dans leur globalit\u00e9 (journal, TV, internet),<\/li>\n<li>la connaissance qu&#8217;il a lui aussi de la pathologie, suivant les diff\u00e9rents traitements d\u00e9j\u00e0 re\u00e7us. On est l\u00e0 dans une \u00e9valuation totalement non scientifique, avec une exp\u00e9rimentation totalement empirique, de tr\u00e8s faible niveau de preuve, mais qui a son sens pour le patient,<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li> Son exigence de temps de gu\u00e9rison,<\/li>\n<li> Son angoisse sur la maladie,<\/li>\n<li> La pression de sa vie personnelle et son \u00e9tat mental,<\/li>\n<\/ul>\n<p>Et le plus important :<\/p>\n<h2>La relation m\u00e9decin malade<\/h2>\n<p>Car la consultation m\u00e9dicale c&#8217;est surtout la rencontre entre ces deux personnes et l&#8217;interaction qui en nait. L&#8217;un est en demande d&#8217;une aide, d&#8217;un conseil. Mais l&#8217;attente du m\u00e9decin est-elle moindre ?<\/p>\n<ul>\n<li> La confiance, c&#8217;est dans un sens le param\u00e8tre le plus important dans cette relation. Malheureusement car elle oblit\u00e8re parfois totalement le bon sens et le jugement du patient.\n<ul>\n<li> Du malade envers le m\u00e9decin, si elle n&#8217;existe pas le meilleur traitement peut \u00e9chouer,<\/li>\n<li> Du m\u00e9decin envers le malade dans sa capacit\u00e9 \u00e0 suivre le traitement et les recommandations.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li> Le conflit ou la tension entre les d\u00e9sirs de l&#8217;un et ce que l&#8217;autre veux en accepter.<\/li>\n<li> Le d\u00e9sir de plaire tout simplement envers quelqu&#8217;un que l&#8217;on estime, que l&#8217;on trouve sympathique, ou dans un but commercial de fid\u00e9lisation de client\u00e8le.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&#8217;acte de soigner est donc loin de l&#8217;id\u00e9e que l&#8217;on voudrait porter. Celle d&#8217;un m\u00e9decin in\u00e9branlable qui d\u00e9cide le meilleur traitement pour son patient.<br \/>\nCar le \u00ab meilleur traitement \u00bb est-il si bon s&#8217;il n&#8217;est pas accept\u00e9 , suivi et pris ?<\/p>\n<p>Dans un prochain article je parlerai de cas plus concrets.<\/p>\n<p>(M\u00e0j 29\/04\/10)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les m\u00e9decins les plus snobs ont tendance \u00e0 parler de l&#8217;art de la m\u00e9decine, tandis que vu de l&#8217;ext\u00e9rieur, beaucoup semblent parler d&#8217;une technicit\u00e9 avanc\u00e9e \u00e9voquant plus le travail d&#8217;un technicien. 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