Mediator, à force d’avoir tort, on fait du tort.

Le Mediator, ou benfluorex est un vieux médicament, commercialisé depuis 1976 et dont l’efficacité n’a jamais été prouvée que par des essais cliniques de faible qualité.  La revue Prescrire, seule revue de qualité sur la prescription médicale et l’évaluation des médicaments, en parlait déjà en 1997 où en tant que jeune étudiant j’étais confronté à des prescriptions un brin farfelues de mes “maîtres” à la fois hospitalo-universitaires et généralistes.

Mediator a été prescrit pour plusieurs raisons :

  • Une pression commerciale du Laboratoire, mais pas plus que les autres médicaments, mais quand interdira-t-on ce démarchage commercial sur des produits de santé ?
  • Une pression du patient qui voudrait un médicament pour son surpoids, ses prises alimentaires trop fréquentes, son Hypertriglycéridémie. Une pilule est une réponse facile, et inefficace, à un problème complexe, et en plus cela coute cher.
  • Une atonie coupable des autorités de santé qui mues par des impératifs financiers (Servier est un Labo français), une incapacité à se remettre en cause (les experts de l’AFSSAPS ont tous des liens financiers avec des laboratoires, c’est même une condition sine qua none pour être admis en tant qu’expert) et un manque de volonté politique n’ont rien fait pour ôter l’AMM à un médicament mortel.
  • Une faiblesse du médecin qui dans un contexte libéral concurrentiel tend à prescrire ce qui fait plaisir à son patient, plutôt que de le conseiller.

Ce n’est pas le seul médicament à remettre en question, l’Avandia (et les gliatzones encore commercialisées), le Celebrex (et les coxib encore en vente) sont les exemples récents les plus connus, mais il existe pas mal d’autres molécules que je ne prescrirai jamais, quitte à perdre des patients.

La réaction agressive, à son habitude, sur France Inter, du décidément facile à déstabiliser, ministre de la Santé, M. Bertrand (qui est au mieux “aussi pire” que la précédente), est éloquente sur son absence de prise de décision au temps de son précédent mandat à ce même poste.

Il ne faut pas mettre sur le dos du machiavelisme ce qui est simplement dû à la bêtise dit un certain M. Hanlon. Dans les deux cas a-t-il sa place dans un ministère de la Santé ?

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