La pensée magique, le retour

AmbreIl y a quelque chose d’assez drôle et de guère surprenant dans nos sociétés hyper-techniques et technophiles, c’est la persistance de la pensée magique. On a atteint un degré jamais atteint de technique et de technologie, mais la culture scientifique et ses corolaires de rigueur, de raisonnement et d’exigence restent l’apanage d’un minorité.

On se retrouve donc avec des pratiques qui en médecine par exemple relèvent de l’ethnomédecine et qui ont certes une certaine efficacité par la suggestion et l’autosuggestion qu’elle apporte. C’est un aspect thérapeutique à ne pas négliger, et ne pas dénigrer.

Le dernier exemple en date qui me frappe le plus est la mode des colliers d’ambre. Dans le but de soulager les maux de dents des bébés (accusés de milles maux imaginaires)  on a vu fleurir ces colliers, au demeurant assez jolis, aux cous des bébés. Cela ne fait pas de mal (Màj : apparement il y aurait des cas d’étouffement/étranglement imputables à ces colliers, super …)  mais c’est assez symptomatique d’une société qui souffre du désenchantement du monde, en œuvrant pour le ré-enchanter, à mon idée dans le mauvais sens.

Nouveaux vaccins

Le business du vaccin est la nouvelle cible de l’industrie, clairement déclaré lors d’un récent congrès. Il convient donc d’être vigilant comme avec les médicaments.

Le calendrier vaccinal vient d’être à nouveau modifié avec deux nouvelles recommandations :

le vaccin contre le méningocoque C est recommandé de un an à 24 ans.

Le méningocoque C, qui n’est pas la cause principale des méningites bactériennes en France, occasionne environ une trentaine de morts par an et un nombre mal déterminé de complications non mortelles, mais parfois gravissimes. Pourquoi le conseiller dès un an alors que les principales victimes et complications sont avant un an ?
Pour protéger par effet indirect.

La stratégie actuelle de vaccination des cas à risque et le traitement des cas contacts a en effet montré son peu d’efficacité sur la réduction du risque. Donc acte, l’objectif de vacciner des millions de personnes pour au mieux trente cas semble en santé publique assez aberrant mais on peut le comprendre dans l’objectif de risque minimum.
Reste qu’un vaccin donne aussi un risque, dont le plus dangereux reste la réaction allergique gravissime. Combien de cas par an ? Pas de chiffres fiables, mais dans le cas du ROR, conseillé à un an et avec un rappel avant deux ans, on parle d’une dizaine de mort par an pour une dizaine de cas de rougeole par an gravissimes ou mortels avant les campagnes de vaccination et des sursauts épidémiques de rougeole connus, anciens et réguliers…

l’adaptation du vaccin anti pneumoccoque à 13 valences au lieu de 7.

Alors c’est assez rigolo. Vous connaissez la course à la reine rouge? C’est tiré de Lewis Caroll dans « Au delà du miroir ». Cela explique que vous devez courir le plus vite possible pour rester sur place. Hors dans le cas du Prevenar, maintenant conseillé à tous les enfants, on « tape » sur 7 valences du pneumocoque, c’est à dire sept sous-espèces qui sont les plus fréquentes dans les pathologies parfois graves de l’enfant (au pire méningite mais aussi simple otite -vraie- ou pneumopathie).

Hors il apparait que l’efficacité sur ces sept germes est bonne mais que du coup d’autres sous-espèces en profitent pour proliférer et parfois donnent des pathologies plus graves, telle que pleurésie au lieu de simple otite, pour simplifier. Donc on va augmenter le nombre de valences de plus en plus car on va s’apercevoir que les petites bêtes sont plus fortes que nous, pour arriver à 13 et bientôt à 23 comme le Pneumo 23.

Fameux Pneumo 23 dont aucune étude n’a prouvé une quelconque efficacité et qui a été pourtant recommandé dans la fabuleuse série « La Grippe A en France ».

Alors on pique ?

Finalement que faire ? Le méningocoque OK, vu que les expériences des autres pays montrent en effet une efficacité. Mais en terme de santé publique il y a une nette disproportion entre bénéfice et dépenses. Quand on pense aux 60000 morts par an par l’alcool et la prise en charge encore insuffisante…

Pour le prévenar, même si c’est un vaccin que je pratique et recommande mon avis est plus circonspect. Le bénéfice est assez faible et à terme la partie est perdue.

Le mieux est de ne pas mettre en collectivité les enfants de moins de deux ans. Moins de contact dit moins de pathologies et donc beaucoup moins de complications, de morts et de dépenses. Mais là on touche à l’organisation de la société, et pour éviter de se faire crucifier par Mme Badinter, à la nécessaire distribution des rôles entre père et mère. Je connais quelques cas de pères restés à domicile pour la garde des enfants et pourquoi pas ?

Pour un serveur@Home, venez avec ARM et bagages

Un serveur maison

On parle de plus en plus de mettre ses données sur internet, mais il existe le mouvement contraire qui vise plutôt à mettre vos données chez vous dans un petit serveur sûr et bien à soi.
Hors en dehors des difficultés techniques dont nous parlerons plus tard, les obstacles sont l’encombrement du serveur et la consommation d’un ordinateur laissé allumé 24/24h.

Bien sûr pour certains ce n’est pas un problème, mais avec le prix de l’énergie qui sera de plus en plus élevé, mieux vaut y penser de suite.

Les besoins pour un serveur personnel sont relativement limités.
Petit processeur,
Petite taille,
et faible bruit.

Six joueurs, 36 possibilités ?

Il existe aujourd’hui peu d’offres chez intel ou AMD.
Soit l’Atom avec une consommation faible du processeur dont l’offre est pléthorique, avec des CM, des machines avec ou sans carte graphique performante, voire des serveurs 1U, mais la carte-mère et le chipset associé consomment énormément.
Soit la plateforme de chez AMD qui est peu connue mais qui semble intéressante.
Bien sûr VIA commercialise en Mini ITX des processeur x86, mais les cartes mères sont chères pour un rappot puissance/consommation pas si doué que cela.

Au total le rapport puissance/consommation, le fameux rapport puissance/Watt, n’est pas optimal sur la plateforme x86.

ARM, c’est bon, cela se mange.

Et voilà que depuis quelques mois un “nouvel” acteur dans le monde des processeurs pour ordinateurs : ARM.

Bien sûr ARM n’est pas nouveau, et il est même très connu dans le monde des petits appareils, dont les téléphones portables, serveurs domestiques. Hors ceux-ci sont de plus en plus puissants et ont une contrainte forte initiale inhérente à ce type d’appareils : la consommation. La sortie récente de tablettes avec processeur ARM, telles que l’iPad, le touchbook d’always innovating etc. démontre le potentiel de tels matériels.

Dans le monde ARM je n’ai retrouvé que deux solutions pour un serveur :

  • Le plug computing ou Ordinateur-prise, séduisant mais assez limité même si des solutions plus intéressantes telles que le guru-plug sortent,
  • et des solutions de type ordinateur classique dans un boitier.

Dans cette dernière catégorie le Open-RD est pas mal avec disque dur interne en 2″5, de nombreuses connections classiques, mais non configuré de base, hors ma connaissance en système Linux sur ARM se limite à du Zaurus.
Il existe aussi le genesi MX, très bien fini, pré-configuré avec du ubuntu-karmic optimisé, une prise ethernet, deux usb, du wifi et du bluetooth, un sortie HDMI et un lecteur sdhc.

Le processeur diffère aussi grandement avec un processeur motorola dernier cri sur l’efika, et un plus ancien d’architecture, de chez marvell, sur le open-RD.

Finalement au vu du support j’ai opté pour le Genesi.

Genesi Efika-MX, la belle bête

Au bout d’une petite dizaine de jours de transport (assez cher d’ailleurs) le colis arrive avec une petite surprise : les frais de douanes/tva et les frais à cause de la taxe…
Ce qui sale d’autant plus la note totale, assez importante, mais moins qu’une box sous Atom (on se console comme on peut).

Me voilà donc avec cette petite machine.
Le carton est assez banal, avec à l’intérieur une petite note perso, sympa ;-).
Le déballage met donc en évidence une machine qui respire la qualité, bien finie, avec un bel effet noir laqué, des connecteurs solides, bref que du bon matériel (voir photos).

Deux petits problèmes :

  • le port HDMI, pas d’adaptateur HDMI<->VGA ou DVI sous la main, donc détour au magasin le plus proche,
  • et le cable de l’adaptateur secteur avec une prise américaine, re-détour au magasin pour une prise française, je coupe, je visse et c’est parti…

Premier démarrage en mode console bien sur, et première bonne surprise le ssh est installé de base donc en fait pas besoin d’écran. La config est minimale mais bien pensée, en mode oem pour la personnaliser complètement. Le bruit est inexistant, la machine chauffe un peu et est assez puissante et consomme en pleine charge 9 W (oui 9, neuf quoi). Que du bon.

Ah oui le support par mail et forum http://www.powerdeveloper.org/forums/index.php est excellent, avec des contacts très agréables.

Au total malgré la connectivité limitée (sauf sans fil) et que je trouve inadaptée pour l’HDMI, et le manque d’espace du disque dur (SSD oblige) l’Efika-MX est une très bonne option pour un serveur léger à la maison. Le but initial du constructeur était d’en faire un client, je testerai plus tard.

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Genesi : https://www.genesi-usa.com/

Open-RD : http://www.globalscaletechnologies.com/t-openrdcdetails.aspx

À venir : installer un serveur rails sur cette bébête là.