Microsoft se réveillerait-il ?

Windows phone 7 seriesMicrosoft l’ogre des années 90-2000, et qui détient encore 90% du marché des systèmes d’exploitations et quasi autant des suites dites de productivité (vous savez office …) était pour beaucoup et avec raison un has-been, débordé par sa propre taille et se faisant tailler des croupières par de plus agiles, plus inventifs et plus audacieux que lui.

Le web, le mobile ont été perdus, et la tendance ne semblait pas s’inverser.

Windows mobile/CE, RIP ?

Sur le mobile la situation était criante d’évidence avec un Apple très innovant et incisif, un Google reprenant principalement le modèle de Microsoft (software séparé du hardware) un Palm qui sort un nouveau produit très bien fichu et tente de retrouver son lustre passé, et Nokia fort de son implantation et qui mise sur l’open-source, etc.

Microsoft perdait alors régulièrement des parts de marché avec un OS vieillissant et franchement pas terrible car trop calqué sur le Windows de bureau. Pendant ce temps pour concurrencer l’iPod la divison zune a été créée, avec un échec commercial retentissant mais de vrais talents travaillant sur l’interface et les services.

Le Zune est un bel objet, avec une interface très sympa graphiquement basée sur le texte et avec quantité d’effets, qui a été complètement plombé par l’iPod, par la politique assez fermée et son manque de visibilité.

Dans cette situation typique des grandes sociétés avec manque de coordination et de communication, l’avenir était assez mal engagé pour ces deux divisions et voici que Windows Phone 7 series débarque.

WindowsPhone nouveau est arrivé

Remarquons au passage le nom toujours alambiqué, on ne peux pas se défaire de toutes les mauvaises habitudes…

Mais la présentation de ce nouveau système est assez impressionnante, avec force animations, une interface textuelle qui n’est pas copiée de iPhone OS (ce qui est un bonne chose) et surtout une intégration bien pensée des services sociaux (;-)) tels que facebook, flickr, windows live etc. L’intégration et l’interconnexion des données entre les différentes façons d’utiliser son appareil (appelées par Microsoft “Hubs” ) semble avoir été soignée et est vraiment, vraiment un plus .

Le goût du too-much

Mais plusieurs écueils apparaissent quand même :

Ce n’est qu’une démo, le produit final sortant dans 6 mois, et une démo est justement sensée être bien travaillée, polie pour que tout fonctionne au poil pour en mettre plein les yeux. Hors là l’effet est atteint mais les animations et l’interface semblent encore assez peu réactives dans certains cas sur le prototype.

Les animations, c’est bien mais au bout d’un moment c’est un peu fatiguant, lassant et plutôt contre-productif (le rôle non avoué est aussi de faire patienter l’utilisateur le temps du chargement de l’application/service).

Une interface textuelle est certes séduisante et me plait énormément mais les icônes ont un rôle, celui d’identifier plus rapidement l’item recherché. En terme d’ergonomie je ne pense pas que cela soit si bien que cela.

Le gros morceau qui reste et qui fait vraiment la différence actuellement ce sont les applications. Hors là pas de signes de l’utilisation d’applications, même si c’est évoqué. Devront-elles suivre les principes de l’UI ? ce qui n’est pas le point fort de Microsoft et de ses développeurs extérieurs. Tout semble si fluide et bien intégré qu’il me semble difficile de débarquer avec son application pour s’intégrer.

Au final une belle démonstration séduisante d’un renouveau qui n’était plus attendu, mais un goût d’inachevé persiste.

à voir dans 6 mois.

La vieillesse est un naufrage…

France Inter a des invités très divers, du politicien le plus stupide à l’esprit le plus brillant. Dans ce monde où la génération 68 s’accroche au haut du pavé on a eu le droit à deux grands talents coup sur coup :

Elisabeth Badinter, ou le naufrage de l’esprit.

Dans son dernier livre Mme Badinter, grande combattante et libératrice des femmes dans les années 60 s’attaque à la vague naturaliste, ce qui selon point de vue peut s’appeler un retour à la raison.

On a donc pu assister durant toute cette journée à une attaque en règle de l’allaitement, du fait-maison, de l’écologie etc.

Alors bien sûr ce « retour à la nature » implique d’échanger du temps personnel contre de l’argent et le temps personnel est encore le fait des femmes, en grande partie, même si cela change.

Mais Mme Badinter garde cette mentalité d’enfant gâtée propre à cette génération  qui est prête à sacrifier le monde (et les bébés ;-) ) à ses désirs et ses envies. Elle ne comprend donc pas pourquoi on peut vouloir sacrifier ce qui a été chèrement gagné, ce qui n’est pas contestable, au bénéfice de la planète mais surtout au bénéfice des futurs êtres humains.

Elle ne comprend pas, du haut de son conseil d’administration et de ses actions de Publicis (grand oppresseur des femmes s’il en est), que le monde change, que certains comportements d’égalité ont été intégrés, et que la contrainte majeure qui va nous revenir dans la figure, la finitude du monde, va provoquer bien pire que la perte de temps et donc de libertés des êtres humains (dont les femmes).

On peut comprendre sa vision assez étroite, comme on comprends le caprice d’une enfant trop pourrie, mais pourquoi prendre comme emblème des choses assez anodines telle que l’allaitement ?

Alors que d’autres sont beaucoup plus emblématiques : la différence des revenus, l’imagerie publicitaire culpabilisante, la violence contre les femmes etc.

L’allaitement coupable idéal

Mais l’allaitement reste assez symptomatique de la spécialisation sexuelle et est en soi un symbole. Un homme peut donner le biberon, mais ne peut allaiter. Il est la preuve trop visible de la différence Homme/Femme et devient insupportable à des féministes que l’on peut du coup qualifier d’extrémiste.

Un autre facteur de la mise en cause de l’allaitement est aussi cette manie des femmes de cette génération ayant fait le choix, justifié s’il est vraiment désiré, de sacrifier la vie familiale contre l’épanouissement professionnel.

Il en reste qu’une opposition farouche à ce choix de l’allaitement en est louche : expression d’un regret caché, d’une frustration profonde non assumée? C’est assez probable…

On ne parle pas de ses arguments de santé publique dignes du niveau discussion de café ‘son estimation de l’espérance de vie et de son lien avec le biberon est assez ridicule), ni les recommandations scientifiques qu’elle relativise avec raison mais en perdant de vue l’évolution des sciences et de ses niveaux de preuves.

Mme Badinter devrait retourner dans le monde réel, et non tenter de donner des leçons. Chez certaines personnes la vieillesse est vraiment un naufrage.

Mais pas tous.

Joseph Eugene Stiglitz, le courage de Cassandre.

En effet le lendemain nous avons eu le droit à un prix Nobel d’économie, non que le titre aie beaucoup d’importance, Joseph Stiglitz.

Cet économiste réaliste n’a de cesse de prévenir le monde économiques de catastrophes annoncées, des excès de la finance et des dérives dangereuses d’un système et il a raison avec une désespérante régularité. Il analyse avec assez de recul et de finesse la situation et nous place devant nos contradictions et notre futur.

Le débat toujours trop court dans ces cas là a été un vrai plaisir.

Dommage de n’avoir pas échangé…

Donc certes la vieillesse peut être un naufrage, surtout si on le veux.

iPad therefore iAm ?

iPad les mains dessusÇa y est finalement Apple, après avoir fait monter la tension des aficionados Mac depuis un bon mois comme elle sait parfaitement le faire, a montré son dernier iJoujou en date : l’iPad.

Et si le concept n’est pas nouveau (voir le touchbook de Always innovating, la tablette HP ou même archos), Apple a encore fait ce qu’elle sait faire de mieux :

  • Une grand messe parfaitement orchestrée par un Steve Jobs toujours excellent, avec son lot de waooww, amazing et de fausses vérités,
  • Un produit sexy, bel objet et taillant dans le vif pour atteindre cette épure caractéristique,
  • Une interface fantastiquement simple de prime abord.

Difficile de se prononcer plus en détail sur l’objet vu que peu de personnes l’ont réellement tenu en main mais on peux élargir la vue en revenant sur quelques fondamentaux :

Le succès d’Apple c’est la simplicité.

La simplicité dans le Design

Avec des machines épurées, fonctionnelles certes amputées de certaines fonctions qui feront hurler au loup l’amateur éclairé voire le passionné (on dit geek pour faire branché informatique en ce moment), mais qui facilitent la prise en main et l’expression de leur potentiel.

Mine de rien c’est une façon de penser que peu ont. La tendance dictée par les ingénieurs est d’en mettre toujours plus, ce que je trouve séduisant, mais qui au final augmente le prix de la machine, la complexité et sert à peu de personnes (qui s’est servi de toutes les fonctions de son téléphone Nokia par exemple ?).

Hors les machines chez Apple sont dessinées par des designers et les ingénieurs se plient aux exigences. C’est la prééminence de la fonctionnalité sur la fonction. Cela donne certes des appareils sûrement frustrants pour pas mal de gens mais pour la majorité, et c’est là cible actuelle d’Apple, c’est un point important.

La simplicité dans l’interface…

Apple est un constructeur de machines dont le système n’en est que le faire valoir. Et ce qui attire c’est l’ergonomie travaillée, la logique dans le focntionnement et la simplicité de l’interface.

Et Apple reste le meilleur dans cette simplicité apparenteafin d’attirer les utilisateurs qui ne seront pas forécment attirés par un ordinateur classsique.

Au service d’une nouvelle ère ?

Car mine de rien Apple nous refait peut-être le coup du “Hello world” de 1984. Une nouvelle interface et une nouvelle façon d’utiliser l’ordinateur afin de changer le rapport et d’amener une révolution dans les usages. est-ce un nouvel exemple de l’informatique convivial ?

C’est fort possible.

Mais le concept très fermé (tout est décidé par Apple, de l’interface aux logiciels, en passant par le matériel) apparait plutôt pour nombre d’utilisateurs comme une régression. C’est une sorte de pacte avec le diable, j’échange un peu de liberté contre de la simplicité. En n’espérant pas que, comme disait B Franklin, celui qui échange sa liberté contre de la sécurité perdra au final et sa liberté et sa sécurité.

Tout dépendra du succès commercial, et je crains pense que celui-ci sera au rendez-vous.